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 la suede ecoute histoire enfant battu en famille d'accueil

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lenaika
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MessageSujet: la suede ecoute histoire enfant battu en famille d'accueil   Mar 6 Nov - 15:14


La Suède écoute enfin l’enfer des enfants placés

Anne-Françoise HivertDe notre correspondante en Scandinavie

QUOTIDIEN : jeudi 25 octobre 2007



Le regard dans le vide, Britta Modin, 57 ans, raconte sa vie dans le désordre. Les souvenirs se télescopent. Noël 1952 à Stockholm. Son père, alcoolique, rosse sa mère. Le lendemain, Britta et sa sœur jumelle sont placées dans une maison d’enfants. Elles y resteront trois ans, avant d’atterrir chez une famille d’accueil à Mullsjö, dans le centre de la Suède. «Nous avons de la chance d’en être sortie vivantes», dit-elle. Pendant dix ans, les deux fillettes servent de souffre-douleur à la femme qui les héberge. «Elle nous traitait de bohémiennes, de putains. Elle nous frappait et disait qu’on était bonnes à rien. On pensait qu’on ne valait pas mieux.»



Cinquante ans plus tard, Britta souffre de douleurs multiples.«Les médecins ont découvert des fractures qui n’ont jamais été soignées.» Elle a été placée en invalidité. Le 31 octobre, elle doit rencontrer un membre de la commission d’enquête chargée de recueillir les témoignages sur les mauvais traitements infligés aux enfants placés par l’assistance sociale avant 1980. Elle redoute ce plongeon dans le passé. Mais «la Suède doit reconnaître ce que j’ai subi», dit-elle, assise dans son salon à Malmö, au milieu de photos de famille. Plus d’une centaine de Suédois ont déjà témoigné. Göran Johansson, qui dirige l’enquête, parle d’une «commission vérité». Les entretiens durent entre deux et trois heures. Ils sont souvent difficiles pour les victimes comme pour leurs interlocuteurs. «Il faut éviter de devenir cynique», précise le président de la commission.
«Impulsions diaboliques». Son équipe a été mandatée par le gouvernement après la diffusion d’un documentaire diffusé fin novembre 2005 sur la télévision publique, et intitulé Enfance volée. Six hommes y racontent leur enfance dans des orphelinats de la région de Göteborg. Pour les frères Kent et Bengt Sänd, âgés de deux et cinq ans, les mauvais traitements ont commencé dès l’arrivée. A la moindre bêtise, les enfants sont enfermés durant plusieurs jours dans un cagibi. Kent mouille son lit la nuit. Pour le punir, le personnel l’habille en fille. Les détails sont consternants. Trois semaines après l’interview, Kent Sänd met fin à ses jours.
Le documentaire fait scandale en Suède. «Nous savions que la situation n’était pas bonne, mais nous ignorions que les mauvais traitements étaient à ce point systématiques», confie Morgan Johansson, ministre de la Santé de l’époque. Il présente ses excuses aux victimes et annonce une enquête officielle. Les langues se délient. Des Suédois ayant grandi dans des familles d’accueil affirment qu’ils ont vécu des expériences similaires. «C’était presque de la provocation d’entendre ça», observe Göran Johansson, qui dirige à présent l’enquête. Ces familles n’avaient-elles pas sauvé d’une vie misérable ces jeunes enfants abandonnés par leurs parents ?
La Suède décide alors de faire une fois pour toutes la lumière sur cette sombre page de son histoire. Un appel à témoins est lancé. Plus de 350 personnes ont déjà demandé à être entendues. «Je ne serais pas surpris si on atteignait le millier», avance Göran Johansson. Environ 100 000 enfants ont été placés par l’assistance publique en Suède, entre 1950 et 1980. Certes, ils n’ont pas tous été victimes de mauvais traitements. Mais «beaucoup sont morts ou vont trop mal pour témoigner», affirme Linda Styf, présidente de l’Association des enfants adoptifs de la société.
Fin août, la commission d’enquête a publié un rapport préliminaire, résumant le contenu des soixante premiers entretiens. Göran Johansson avoue avoir été choqué que «la méchanceté puisse être aussi compacte et profonde». Il parle d’«impulsions diaboliques et sadiques» chez des adultes, chargés par l’Etat de protéger des enfants placés sous leur responsabilité. Annelie Hed, présidente de l’Association des familles d’accueil, n’est pas surprise. «C’était une autre époque. Les enfants étaient envoyés à l’autre bout de la Suède, sans aucun contrôle. C’était de la main-d’œuvre gratuite. Les châtiments corporels n’avaient pas encore été interdits.» En 1979, la Suède sera le premier pays au monde à bannir l’usage de la violence physique contre les enfants.
Droits de l’homme. En début d’année, l’association de victimes Enfance volée a intenté une action collective en justice, exigeant des excuses officielles et une compensation financière d’un million de couronnes (100 000 euros) par personne et par an. La plainte a été rejetée. Mi-juin, elle a déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. La procédure pourrait prendre plusieurs années.


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